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VANUATU

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LE VANUATU

 

 

Petit topo sur le pays : Archipel d’une centaine d’îles volcaniques à environ 1 heure d’avion à l’est de la Nouvelle-Calédonie. Fait partie de la Mélanésie. Population environ 250000 Ni-Vanuatu (ou Vanuatais). L’archipel s’étend sur 700 km du nord (Îles Torres) au sud (Ile d’Aneytum). Plus de 100 langues vernaculaires (d’origine austronésienne). 3 langues officielles : l'anglais, le français et le Bichelamar (Bislama, un créole basé sur l’anglais, sorte de lingua franca utilisée pour les échanges « commerciaux » entre les îles de cette partie du Pacifique). Le Vanuatu est une démocratie.

 

Histoire/société : Le Vanuatu était jusqu’en 1980 un condominium franco-britannique, c'est-à-dire sous administration des 2 entités colonisatrices, avec une répartition géographique. Ce condominium est le fruit d’environ 150 ans de colonisation. Les colons exploitaient le bois de santal et les plantations de cocotiers, étaient éleveurs.

Les Mélanésiens, au Vanuatu, formaient et forment toujours une société de clan, hiérarchique, avec une coutume très forte, régissant à peu près tous les aspects de la vie, de la naissance à la mort. Les cérémonies coutumières sont nombreuses et sont généralement liées au cycle de la vie (circoncision, passage à l’âge adulte…), des saisons, (récolte de l’igname, rite de fertilisation de la terre…), et au passage de grade dans le système de chefferie. Elles sont souvent associées à l’animal fétiche, le cochon, dont les dents recourbées jusqu’à former un cercle, sont un symbole de puissance des chefs, et figurent d’ailleurs sur le drapeau de l’actuel Vanuatu. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

drapeau

Le vert : symbole de la richesse du pays. Le rouge : le sang des hommes et le noir le peuple mélanésien. Le « Y » couché, en jaune, quant à lui, représente la lumière céleste arrivant sur l'île (90 % de la population est chrétienne). La dent de cochon en spirale : symbole de prospérité. Les feuilles de namélé (cycas) : symbole de paix

cochon

La dent de cochon en spirale, symbole des chefs

nangol

Une des cérémonies les plus célèbres est certainement le Nangol (ou saut du gôl), ancêtre du saut à l’élastique où les hommes de l’île de Pentecôte (centre nord) s’élancent d’un échafaudage fait de branches (tour qui peut atteindre les 20m) construit à flans de colline, lianes accrochées aux pieds, pour venir taper le sol de leurs épaules et ainsi fertiliser la terre.

Cette organisation coutumière perdure encore aujourd’hui dans les tribus, en combinaison avec une administration de type plus occidentale et confessionnelle, les communautés ayant été évangélisées lors de la colonisation.
L’héritage de la colonisation fait qu’aujourd’hui, 2/3 de la population est anglophone et 1/3 francophone, avec pour cette « minorité », parfois des revendications par rapport au français n’ayant rien à envier à d’autres cousins d’anciennes colonies. Le Vanuatu fait donc en même temps partie du Commonwealth et de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Vie/économie : Le pays est, selon des critères occidentaux, très peu développé. Un PIB quasi inexistant, des exportations très limitées, peu ou pas ou plus de ressources naturelles (la plus grande ressource ayant été le bois de santal, pillé jusqu’à épuisement par les colonisateurs). Le copra (noix de coco pour en faire de l’huile) est exploité de manière assez peu industrielle. L’économie la plus lucrative est le tourisme, principalement australien (proximité oblige), mais aussi néo zélandais, calédonien, asiatique, et dans une moindre mesure, européen. Cela dit, ce pays dit « pauvre » dans son acception occidentale, ne connait que très peu la misère. Il s’agit d’une économie de subsistance, ou la majorité des communautés mélanésiennes sont encore assez proches de la terre pour cultiver, pêcher, chasser, élever, bref, pouvoir vivre en auto suffisance alimentaire, avoir un toit, et vivre en famille.

 

L’ « artisanat » (entre guillemets, car la limite entre objet d’art, objets coutumiers, objets sacrés, et objets d’art est très floue) est très développé : sculptures, tambours, masques, nattes, confection…..autant de savoir-faire qui perdurent et font partie intégrante des apprentissages. L’artisanat local et particulièrement celui des femmes tente d’être mis en valeur mais peine à rivaliser avec les produits manufacturés, venant entre autre d’Asie.

statue
masque

Il n’y a pas de mendiants au Vanuatu, peu de criminalité (concentrée autour de la capitale : Port-Vila), et même si les gens n’ont rien, ils ont tout. A cet inconvénient près : ils sont très dépendants de leur environnement. Et quand celui-ci se déchaine, les conditions de vie deviennent vite insupportables. Outre le « nouveau » phénomène de réchauffement climatique, qui fera/fait de certains habitants de l’archipel des réfugiés climatiques, le pays a toujours et régulièrement été frappé par la colère de la nature. Tremblements de terre, éruptions volcaniques (plusieurs volcans en activité, dont le fameux YASUR, -prononcer " yazour"- sur l’ile de Tanna, au sud; le pays est sur la ceinture de feux du pacifique), tsunamis, et enfin, et non des moindres, tempêtes tropicales et cyclones. Le pays a connu des cyclones dévastateurs à plusieurs reprises : Uma en 1987, Hugo en 1998, et d’autres moins puissants. Le cyclone PAM en mars 2015 fut l'un des plus puissants observés dans cette région.

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Le volcan Yasur à Tanna

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Le Nangol sur l'île de Pentecôte

Les gens - La culture : Si le pays a une richesse exceptionnelle, c’est bien ses habitants. Un peuple pacifique, curieux, avenant, joyeux, avide de rencontres et d’échanges, et malgré une histoire de conquête violente et de domination coloniale, sans à proprement parler d’esclavage mais des équivalents tout aussi condamnables (Blackbirding où des travailleurs sous contrats ont été déportés avec la promesse de retour, pour aller travailler dans l’agriculture, notamment en Australie, et ne sont jamais revenus), malgré une ingérence culturelle dont la coutume a souvent fait les frais, malgré le fossé économique qui sépare les mélanésiens des « Blancs » installés dans le pays (Français, Australiens, Néo Zélandais….), nos frères mélanésiens sont un des peuples les plus chaleureux et accessibles qui m’aie été donné de rencontrer. Et ce aussi beaucoup GRACE AU KAVA, une boisson rituelle, démocratisée aujourd’hui, qui est une décoction issue du broyage de la racine d’un arbuste de la famille du poivrier (piper methysticum). Euphorisante, cette boisson au gout terreux et amer (loin d’un grand cru) se consomme dans les NAKAMAL (à l’origine, maison des hommes) en fin de journée, dans la pénombre et favorise la discussion, l’échange. Chacun parle de soi, de sa journée, de l’autre qu’on a vu, d’untel qui est parti dans les îles. C’est le moment du STORIAN.

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La plante dont est issu le Kava

Le Nakamal

Le Shell de Kava

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La préparation du Kava

Vêtements Traditionnels : 

 

Les hommes portent un étui pénien qu’ils appellent le Nambas.

Les femmes quant à elles portent une jupe faite en feuilles : grass skirt

Ils portent ce costume traditionnel pour les cérémonies importantes.

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Au quotidien, les femmes portent la robe mission. Elle a été imposée par les missionnaires chrétiens venus évangéliser le Vanuatu au XIXe siècle en remplacement des tenues traditionnelles impudiques à leurs yeux.

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